Au fil de l’expérience acquise dans les différents métiers dans lesquels j’ai pu naviguer; réadaptation des handicapés, pilote de chasse, professeur, consultant et coach, qui tous, de loin ou de près, on fait de moi un spécialiste de l’humain, mais aussi en tenant compte des actions de chercheur conduites pour mieux comprendre les liens entre le travail, la performance, le stress, le bien-être et le bonheur, je suis devenu de plus en plus conscient de l’écart important entre ces deux mondes. D’un côté est apparue, avec toutes ses qualités et limites, la subjectivité du professionnel en action qui s’adapte et réponds à la situation avec son être entier, et de l’autre, en améliorant (je l’espère) mes capacités plus « dures », ma difficulté grandissante face à cet écart entre les intuitions guidées par les dimensions philosophiques et spirituelles et l’objectivité rigoureuse du chercheur.
Convaincu de la nécessité de ces deux portes d’entrée, il m’a semblé fondamental de les préserver et de les faire systématiquement cohabiter, malgré les tensions ou les conflits générés, réduits, il est vrai, par mon appartenance de plus en plus proche avec le courant de la psychologie positive.
La recherche est une voie très importante dans ce domaine particulier de la personne. Non seulement elle offre la compréhension, la mesure et la découverte des mécanismes à l’œuvre à partir des intuitions du chercheur et des travaux antérieurs, mais elle conduit aussi à assoir les pratiques individuelles ou organisationnelles sur des données rationnelles et objectives. Elle a donc un double objet : répondre à des hypothèses très académiques et proposer des solutions très pragmatiques.
C’est dans ce cadre que pourront alors s’entreprendre les démarches intégrant certaines dimensions humaines vitales, plus subjectives : générosité, gratitude, coopération, altruisme ou performance.
Dominique Steiler


